
Avril 2009
Aperçu du marché des changes : Trois questions sur les devises avec Darcy Browne
Darcy Browne, nouveau directeur général, Revenus fixes et monnaies, CIBC, offre un aperçu des sujets brûlants concernant les monnaies étrangères (devises).
À quoi ressemble le marché des changes pour vous?
Je crois que le marché se transige nerveusement à court terme. Les investisseurs prennent tantôt des positions risquées, tantôt des positions sécuritaires, s’éloignant des nouveaux risques perçus sur le marché mondial. L’annonce de l’assouplissement quantitatif par la Réserve fédérale a entraîné les marchés depuis une position excessivement longue en dollars américains vers une position plus neutre. Les négociateurs essaient maintenant d’atténuer les risques plus importants qui semblent se retrouver entre l’économie américaine qui s’est dotée de stimulants et la zone euro qui n’a pas de stimulants. De nouveaux thèmes émergent continuellement et il semble que la clé soit une bonne planification.
Qu’est-ce qui vous attire dans le marché des changes?
Le marché des changes en soi fait l’objet d’un examen minutieux depuis que la Russie et la Chine insistent pour changer le dollar américain à titre de monnaie de la réserve mondiale. Les gouvernements et les économies éprouvent des difficultés avec la volatilité monétaire excessive en raison des déséquilibres commerciaux massifs et des problèmes structuraux immédiats dans le secteur bancaire. Alors que le monde s’efforce de voir la lumière au bout du tunnel, la volatilité surgit dans tous les marchés qui ont une lourde corrélation avec les monnaies.
La monnaie la plus liquide au monde est l’euro, où sur une période d’un mois, la volatilité est passée de moins cinq (volatilité implicite) en juin 2007 à près de 25 en décembre 2008. Il faut également noter qu’au cours de la même période, les fonds spéculatifs faisaient l’objet de rachats et qu’ils étaient en mode de réduction du risque. Qu’on les aime ou non, les fonds spéculatifs offrent de la liquidité.
Le marché des changes suivra-t-il l’économie? Qu’est-ce que cela signifie pour le dollar canadien?
Oui, dans une certaine mesure. Certains pays émergeront à titre de chef de file d’après leur rendement économique structurel et fondamental et leur base d’exportation naturelle, c’est-à-dire les marchandises. Le Canada sera l’un de ces chefs de file. Le paysage mondial a changé et notre système bancaire s’est démarqué comme étant le meilleur au monde. Les banques canadiennes ont des ratios des capitaux et des cotes de crédit de première catégorie qui font l’envie du monde. Les marchés punissent actuellement les monnaies des pays dont les gouvernements participent activement à l’assouplissement quantitatif. La Banque du Canada participera possiblement à une certaine forme d’assouplissement quantitatif, mais seulement à une fraction de celui des économies rivales. Le Canada est lié à la croissance mondiale et nous apercevons certains signes à l’effet que les marchés des marchandises ont atteint un creux. À titre de nouvelle nation débitrice dotée d’institutions financières saines, nous avons une dette – bien qu’elle soit peu élevée de façon générale – qui est en demande, surtout par les souverains.
Par Darcy Browne, directeur général, revenu fixe et monnaies, CIBC
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