
Juillet 2008
Immunité du Canada contre l'inflation
Les consommateurs de denrées alimentaires se soulèvent contre le prix des céréales dans le monde en développement. Le prix de l’essence s’emballe presque partout. L’inflation est bien au-dessus des cibles des banques centrales en Europe, au Mexique, en Chine et en Australie, pour ne nommer que quelques-uns des endroits touchés. De plus, bien que la Réserve fédérale américaine se soit largement tournée vers un taux d’inflation de quatre pour cent tout en repoussant la récession, les membres de son conseil ont lancé un avertissement indiquant qu’ils adopteraient une politique plus sévère une fois que la croissance aura repris. Tout cela illustre les répercussions d’une forte croissance qui a duré plusieurs années et qui a renforcé les marchés du pétrole brut, des métaux et des céréales. Pourquoi alors le Canada semble-t-il être immunisé contre les tensions sur les prix, avec un indice des prix à la consommation (IPC) de référence et sans précédent bien en deçà de la cible de deux pour cent de la banque centrale pour le mois de mars?
Un demi-point de pourcentage de différence peut être attribuable à la réduction d’un pour cent de la TPS enregistrée cette année (qui ne touche pas toutes les composantes de l’IPC), bien qu’elle soit déduite de la mesure de l’indice de référence de la Banque du Canada. Cependant, il y a également un écart presque sans précédent entre les taux d’inflation des biens après les taxes entre les frontières Canada-États-Unis.
D’une part, cette situation reflète une récente baisse marquée des prix des véhicules automobiles alors que les fabricants d’automobiles ont transféré un bénéfice unique provenant de la hausse du dollar canadien dans des prix clés en mains. Cela reflète également des économies uniques semblables sur les fruits et les légumes importés. L’inflation des produits alimentaires a également été contenue par une guerre des prix des épiceries qui a comprimé les marges bénéficiaires au Canada, et par le rôle des offices de commercialisation qui ont atténué certaines des augmentations des prix des denrées alimentaires.
Aucune de ces forces n’est susceptible de durer en 2009. Les marges bénéficiaires des épiceries augmenteront probablement à un certain point pour rétablir la rentabilité. Les augmentations de coûts provenant des compressions mondiales sur les céréales et l’énergie se répercuteront sur les volailles, les œufs et le lait. Aucune autre réduction du taux de la TPS n’est prévue, et il est improbable que le dollar canadien subisse une autre forte augmentation sur douze mois, compte tenu de sa position actuelle et des problèmes qu’il entraîne pour les fabricants. Si le prix de l’essence subit d’autres augmentations, l’IPC du Canada atteindra les 3 à 3,5 pour cent l’année prochaine.
Si l’on suppose que l’économie reprendra une croissance plus solide, la Banque du Canada assumera sa fonction de combattre les pressions inflationnistes. Les réductions de taux de cette année entraîneront une hausse d’au moins 100 points de base au cours de 2009.
Pour les investisseurs, il s’agit d’une mise en garde sur les perspectives des actions sensibles aux intérêts comme les titres des sociétés financières, les titres immobiliers résidentiels et les titres des services publics. Les revenus des sociétés financières pourraient être relativement fades, même après les pires dépréciations, et l’augmentation des prix des biens immobiliers résidentiels canadiens ralentira en raison des taux hypothécaires en hausse. Les obligations du gouvernement, qui ont bénéficié d’une vague d’offres d’achat de sécurité au cours des derniers mois, seront beaucoup moins sécuritaires à la fin de cette année lorsque les rendements augmenteront en raison des attentes plus élevées en matière d’inflation et des pressions à la hausse sur les rendements à court terme entraînés par les hausses de taux prévues par la Banque du Canada en 2009.
Les gagnants seront plutôt les secteurs du marché boursier qui bénéficieront de l’inflation des services publics, lesquels seront à la base des risques d’inflation – énergie, matériaux et fertilisants – ainsi que des services connexes dans des secteurs comme l’irrigation et les biotechnologies.
Il n’y aura pas de stagflation, ou du moins, rien de semblable au malaise observé au cours des décennies passées qui a entraîné des taux d’inflation et de chômage à deux chiffres. Néanmoins, l’inflation sera encore un facteur à prendre en considération pour les décisions de placements canadiens au cours de la prochaine année.
Le 12 mai 2008
Par Avery Shenfeld, directeur général et économiste principal, marchés mondiaux CIBC
* * *
Nouvelles de la société et du secteur est distribué à des fins d'information générale seulement et la Société de services de titres mondiaux CIBC Mellon, Compagnie Trust CIBC Mellon, CIBC, The Bank of New York Mellon Corporation et leurs sociétés affiliées ne garantissent pas l'exactitude ou l'exhaustivité de son contenu. Les lecteurs sont informés que le contenu de la présente publication ne devrait pas être interprété comme constituant un avis juridique, comptable, en placement ou financier ou un autre avis professionnel et qu'il n'a pas été rédigé pour un tel usage.
Pour imprimer toute la publication, téléchargez la version PDF.