Salle des nouvelles
Nouvelles et communiqués de presse
Activités
Publications
Sans détour
Nouvelles de la société et du secteur
Ressources média
 
 


Mars 2008

La prudence est de mise

L’économie américaine a amorcé l’année 2008 dans un état précaire. Pour les marchés financiers, l’enjeu n’est pas de savoir si certains économistes, retirés dans leur tour d’ivoire, décideront éventuellement d’ici plusieurs mois et après moult études de données si les deux premiers trimestres de l’Amérique reflètent une modeste croissance ou plutôt une légère baisse. La destinée des marchés boursiers dépend plutôt de la façon dont le système financier mondial surmontera la crise du crédit axée sur le marché de l’habitation aux États-Unis, et de sa capacité à soutenir la croissance économique à moyen terme.

 

Au cours des prochains mois, il y aura suffisamment de mauvaises nouvelles provenant du système financier pour susciter la crainte d’un arrêt plus prononcé et justifier une attitude réfléchie chez les investisseurs. À l’échelle mondiale, les banques ont amorti leurs dettes sur des éléments d’actifs reliés au crédit hypothécaire atteignant une valeur de 140 milliards $ US (dont environ 100 milliards $ US en Amérique du Nord) et ont également absorbé dans leurs écritures comptables des milliards de dollars en anciens instruments financiers hors bilan.

 

On peut s’attendre à ce que d’autres déficits soient dévoilés lorsque les banques américaines déclareront leur bilan, lors de la période de déclaration des bénéfices en avril. Il y a également de fortes chances pour que nous entendions parler des grandes banques européennes. Les prix des maisons aux États-Unis laissent prévoir un passage du sommet au creux de 20 %, accompagné d’une augmentation des transactions à risque qui pourraient atteindre une échelle de 30 %.  Les doutes entretenus à l’égard de l’état des assureurs d’obligations entraînent des répercussions négatives sur les positions couvertes. En bout de ligne, nous pouvons anticiper un déficit record se situant aux alentours de 265 milliards $ US  lorsque l’agitation des prêts et des avoirs reliés à l’hypothèque s’apaisera.

 

L’économie canadienne se porte mieux et l’absence de crises reliées à l’habitation et aux hypothèques la protège d’une véritable récession. Cependant, les liens étroits entretenus avec l’économie américaine produiront un effet certain sur l’industrie manufacturière, accompagné de répercussions sur les capitaux liés à ce secteur. La situation du marché du crédit a fait gonfler les écarts tout en créant un contexte d’opérations de financement plus sévère pour les banques. Au cours des derniers mois, nous avons maintenu des recommandations modérées relativement aux données financières. Nous avons à la fois atténué les pondérations d’exportateurs manufacturiers exposés au marché américain. De façon plus favorable, les capitaux sont liés à la demande des consommateurs canadiens ou des ressources mondiales. Ces deux facteurs se portent mieux, tout comme les services publics, où les rendements des actions surpasseront largement ceux des obligations.

 

Si le resserrement du crédit n’était pas contrôlé, le marché des actions serait non seulement soumis à un redressement, mais également à un marché baissier prolongé. Cela ne semble cependant pas être le cas. Les grandes banques ont eu recours, avec succès, aux réserves de capitaux disponibles à travers le monde à hauteur de 70 milliards $ US jusqu’à maintenant, parvenant ainsi éviter le resserrement des prêts imposé sur le bilan – défi que les banques japonaises ont dû relever après la crise immobilière au début des années 1990.

 

Les banques centrales volent à la rescousse, la Réserve fédérale s’apprêtant, selon toutes probabilités, à établir à 2,0 % le taux de ses fonds et la Banque du Canada, de son côté, se préparant à redoubler d’efforts en vue de réduire ses taux. De plus, des mesures de relance budgétaire seront adoptées aux États-Unis de façon imminente, alors qu’elles ont été officiellement annoncées par Ottawa à la déclaration de mi-année en octobre dernier.

 

Ces efforts devraient commencer à porter fruit au deuxième semestre de l’année. Même une reprise ou une baisse plus lente des mises en chantiers aux États-Unis permettrait de réduire l’effet de freinage produit, d’un trimestre à l’autre, par le secteur de la construction sur la croissance économique. Au Canada, le rythme modéré du secteur manufacturier sera couvert par les bénéfices occasionnés par la relance monétaire et budgétaire pour la demande nationale, incluant le commerce de détail. Les faibles rendements inciteront ultimement les investisseurs à explorer des écarts généreux relatifs aux obligations de sociétés; bon nombre d’entre eux ayant les mêmes défauts que ceux qui sont exposés à la crise américaine de l’immobilier. Alors que les perspectives de bénéfices s’améliorent pour 2009, nous nous attendons à un redressement vigoureux des actions à la Bourse de Toronto vers la fin de l’année.

 

6 février 2008

 

Par Avery Shenfeld, directeur général et économiste principal, Marchés mondiaux CIBC


 

*  *  *

 

Nouvelles de la société et du secteur est distribué à des fins d'information générale seulement et la Société de services de titres mondiaux CIBC Mellon, Compagnie Trust CIBC Mellon, CIBC, The Bank of New York Mellon Corporation et leurs sociétés affiliées ne garantissent pas l'exactitude ou l'exhaustivité de son contenu. Les lecteurs sont informés que le contenu de la présente publication ne devrait pas être interprété comme constituant un avis juridique, comptable, en placement ou financier ou un autre avis professionnel et qu'il n'a pas été rédigé pour un tel usage.

Dans ce numéro...
Table des matières La prudence est de mise Croissance sans précédent du marché des changes Vérification des nouveaux avis de réaménagement de capital Un message de notre chef de la direction Le nantissement en espèces gagne du terrain dans le secteur des prêts de titres Nouveau site Web de livraison sécurisée du courriel
Directives d'impression
Pour imprimer un article, vous devez soit cliquer sur l’icône imprimer du navigateur soit cliquer sur « fichier », puis sur « imprimer » dans la barre de menu du navigateur.

Pour imprimer toute la publication, téléchargez la version PDF.